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Philippe Bouvard est parti.
Et avec lui, ce n’est pas seulement un journaliste,un homme de radio, l’homme du Théâtre de Bouvardou l’emblématique patron des Grosses Têtes qui disparaît.
Pour beaucoup d’entre nous, les hommes de +50 ans,c’est aussi un morceau du paysage sonore de notre viequi vient de foutre le camp,avec cette bande de fortes têtes qui pouvait passeren quelques secondes d’une question de culture généraleà une énorme connerie.
C’était bordélique, cultivé, populaire,parfois brillant, parfois lourd,souvent irrévérencieuxmais profondément vivant.
Cet épisode n’est pas une messe funérairepour anciens combattants de la FM.
Je n’ai aucune envie de raconter que c’était mieux avant .
Tout n’était pas admirable chez Philippe Bouvard.
Tout n’est défendable dans l’humour d’une époquequi avait aussi ses aveuglements, ses brutalités et ses dérapages.
C’est justement là que la conversation devient intéressante.
Qu’est-ce que nous voulons garder de cette irrévérence ?
Le droit de se moquer des puissants ?
L’autodérision ?
Le goût de la répartie ?
La possibilité d’être en désaccord sans devenir ennemis ?
Cette manière de mélanger culture et gaudriolesans demander un certificat de respectabilité ?
Et qu’est-ce qu’il est temps, au contraire, de laisser derrière nous ?
Parce que le vrai sujet de cet épisoden’est peut-être pas Philippe Bouvard.
Le vrai sujet, c’estque devient notre liberté de parole avec l’âge ?
Sommes-nous devenus plus sagesou simplement plus prudents ?
Peut-on encore provoquer sans humilier ?
Rire sans écraser ?
Être insolent sans devenir brutal ?
Et surtout :comment rester irrévérencieux sans finir vieux con ?
À travers Bouvard, Les Grosses Têtes,il y a le rire des hommes et cette étrange tendressequi se cachait parfois derrière nos vannes,je t’invite à regarder ce que cette génération nous a transmis.
Pas pour la reproduire, ni pour la trierparce que transmettre, ce n’est pas photocopier le passé,c’est choisir ce qui mérite de continuer après nous.
Et peut-être garder cette idée :on peut prendre de l’âge sans rendre son esprit.
On peut vieillir sans devenir tiède.
On peut même devenir un vieux schnocket continuer à foutre un peu le bordeldans ses propres certitudes.
Salut Bouvard.
Et merci pour le bordel.
Si cet épisode t’a fait penser à un père, un frère,un ami ou un vieux complice avec lequeltu peux encore rire, t’engueuler et ne pas être d’accordenvoie-lui cet épisode.
Écris simplement : Écoute ça.
Il comprendra.
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