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Dauphinelle: La réalité de la violence conjugale au Québec

Matière Média Mar 5, 2026 1 hr 16 min

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About this episode

La violence conjugale est un fléau qui touche une grande partie de la population québécoise, avec des effets dévastateurs sur les femmes et les enfants. Dans cet épisode, on aborde la réalité que vivent les victimes, souvent dans l'ombre, en se penchant particulièrement sur les cas tragiques de féminicides. Malheureusement, cette réalité est souvent minimisée dans les médias, ce qui complique encore plus la situation des survivantes et celles qui choisissent de parler. Il est essentiel d'apprendre à reconnaître les signes de la violence conjugale pour offrir un soutien adéquat à ceux qui en ont besoin.

Qu'est-ce que la violence conjugale et ses manifestations ?

La violence conjugale ne se limite pas aux coups physiques. Elle peut inclure un contrôle psychologique, des menaces et des comportements manipulateurs. Les victimes peuvent éprouver des difficultés à le reconnaître, car le cycle de violence commence souvent par une relation amoureuse. Les signes incluent des critiques constantes, des reproches et une dévalorisation des victimes. Il est essentiel de comprendre que ces comportements peuvent mener à des conséquences tragiques, comme le féminicide.

Comment aider une personne dans une relation abusive ?

Observer des changements de comportement chez une amie ou un membre de la famille peut être le premier pas pour identifier une situation difficile. Il est important d'intervenir avec sensibilité et sans jugement, en posant des questions ouvertes et en écoutant attentivement. Offrir un espace sécuritaire pour parler de ses expériences peut aider les victimes à prendre conscience de la situation dans laquelle elles se trouvent. La clé est de reconnaître que chaque cas est unique, et que les victimes ont besoin d'un soutien empathique pour prendre leurs décisions.

Les statistiques inquiétantes : féminicides au Québec

Au Québec, le nombre de féminicides a considérablement augmenté ces dernières années. Dans les 25 premiers jours de 2026, cinq femmes ont déjà perdu la vie dans un contexte de violence conjugale. Comparativement aux années passées, ces statistiques mettent en lumière une montée inquiétante des violences faites aux femmes. Le phénomène du féminicide est souvent précédé d'un cycle de violences qui s'intensifient au fil du temps.

Le rôle des médias dans la sensibilisation à la violence conjugale

Les médias jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et la perception de la violence conjugale. Malheureusement, de nombreux articles minimisent la gravité des actions violentes en les qualifiant de simples « chicanes » et alimentent ainsi un discours qui banalise la violence. Cela rend encore plus difficile la sortie des victimes de ces situations en renforçant les stéréotypes et en désignant une trop grande part de responsabilité aux victimes elles-mêmes.

Points clés

  • La violence conjugale inclut des violences physiques et psychologiques.
  • Les signes de violence ne sont souvent pas visibles au premier abord.
  • Offrir une écoute attentive et un soutien sans jugement est essentiel.
  • Le nombre de féminicides au Québec a augmenté de manière alarmante.
  • La sensibilisation et l'éducation sont primordiales pour combattre ce fléau.
  • Les médias ont une responsabilité dans la représentation de ces cas.
  • Les enfants sont également affectés par la violence conjugale et nécessitent un soutien spécifique.
  • Il est vital de reconcevoir les discours médiatiques pour une meilleure sensibilisation.
  • Chaque cas de violence conjugale est unique, le soutien doit être adapté.
  • La solidarité et la lutte collective sont essentielles pour changer les mentalités.

Questions and answers

Quels sont les signes de la violence conjugale ?

Les signes de la violence conjugale incluent des critiques constantes, de l'isolement social, des changements de comportement et des blagues sarcastiques qui humilient. Il est crucial de ne pas minimiser ces comportements, car la violence n'est pas toujours physique.

Comment aider quelqu'un qui vit de la violence conjugale ?

Pour aider une personne vivant une situation de violence conjugale, il est important d'écouter sans jugement et de poser des questions ouvertes. Offrir un espace sûr pour parler de ses expériences peut être et l'encourager à partager ses préoccupations.

Quelle est la réalité des féminicides au Québec ?

Le Québec fait face à une hausse alarmante des féminicides, avec cinq femmes décédées en seulement 25 jours en 2026, signalant une grave crise de violence conjugale. Chaque féminicide est souvent précédé d'un cycle de violence qui peut durer des années.

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Le podcast aujourd'hui est présenté par Héro C'est Compagnie et Héro C'est Compagnie, c'est quoi, Luz? C'est des... C'est un site. Dans le fond, tu peux te procurer des jouets erotiques, de la lingerie, même quelques jeux de société. Et pour ça, ça prend un code promo, ma belle. C'est lequel? Textoral, pour avoir 15 % de rabais sur ton panier d'achat. Le podcast d'aujourd'hui est présenté par OxyO.

OxyO, moi, je le vois un peu comme un bel exemple d'une relation saine et positive en 2026 parce qu'on s'entend que des relations avec des télécoms, c'est pas toujours super sain. D'ailleurs, on va analyser les relations avec des télécoms, à quoi ça peut ressembler. Et dit, si on fait un parallèle avec une relation toxique. Donc, il dit qu'il t'aime, mais il augmente ton prix de 8 dollars sans t'en parler.

Il dit que t'es spécial, mais juste pendant 6 mois, il te retient avec un contrat et disparaît quand un problème. Nous, on veut quelqu'un de stable, siable et transparent. C'est pour ça qu'il faut choisir OxyO. OxyO, c'est des prix fixes, pas de hausse de prix, 60 jours satisfait ou remboursé, pas de frais cachés, pas de contrat.

Et c'est des humains au bout du fil quand tu as besoin de faire appel au service à la clientèle. Vous pouvez utiliser le code sexoral pour avoir un mois gratuit avec OxyO et avoir la connexion que tu mérites. Nous sommes avec Ile et Roxane. Vous représentez la Dau Finale? Oui. La Dau Finale, qui est une maison d'hébergement pour les femmes qui ont subi de la violence conjugale.

Aujourd'hui, on va parler d'un sujet difficile. Oui, mais il y a de l'espoir. On peut s'en sortir. En fait, c'est un départ catastrophique. On a généralement, par année, une dizaine de femmes qui perdent la vie au Québec en contexte conjugale. On est en 5 en 25 jours. Dès qu'une place de l'île, elle se rend plus dans la journée.

Mais ce n'est pas de dire que tous les hommes sont mauvais, tous les hommes sont hauteurs de violence conjugale. Ce n'est pas tous les hommes, mais c'est toujours un homme. Mais c'est toujours un homme. Hommes, femmes, on est tous dans le même bateau. On est ensemble. On devrait lutter ensemble, en tout cas, contre cette problématie.

Mais nous, c'est la réalité qu'on voit devant nous tous les jours et c'est vraiment ce que vivent les femmes. Il faut arrêter de douter de leur parole parce que c'est leur vécu au quotidien malheureusement. Ok, on y va aujourd'hui. On est au podcast. Nous sommes avec Inde et Roxane. Vous représentez, je veux dire, comme pour la Dauphinel.

La Dauphinel qui est une maison d'hébergement pour les femmes qui ont subi de la violence conjugale à Montréal. Oui. Femme et enfant. Femme et enfant. Parce qu'il peut venir avec leur raconte. Est-ce que vous voulez nous faire une brève description de vous qui vous êtes votre amitié parce que ça fait 10 ans que vous êtes BFF et que vous travaillez ensemble et que là vous avez... C'est ça, tout ça.

On veut tout savoir. Avec plaisir. Oui, mais en fait, moi je suis Roxane donc je suis intervenante psychosociale à la Dauphinel comme on le dit tout à l'heure. Moi, j'ai un diplôme en criminologie mais je ne suis pas criminologue donc c'est important de le nommer. Donc je travaille comme intervenante psychosociale à la Dauphinel. J'ai fait mon stage là-bas en 2012 et j'ai commencé ensuite à travailler à la Dauphinel.

Je suis ensuite jamais repartie à ce jour. Donc ça fait quand même un bon petit bout que je travaille là-bas. Et c'est là que j'ai rencontré ma collègue Inde il y a plus de 10 ans en arrière. Oui, moi c'était 2014. J'ai fait mon stage aussi d'études. J'ai un bac en travail social donc je travaille social depuis plus de 10 ans. J'ai fait le stage pareil d'études à la Dauphinel.

C'est ce qu'on dit dans nos ateliers parce qu'on anime des ateliers de sensibilisation. On met un pied à la Dauphinel, c'est difficile de le quitter après. Mais positivement pour le mandat, l'émission et puis l'équipe aussi on a une très belle équipe. Et donc c'est ça. Moi je suis intervenante psychosociale aujourd'hui. C'est mon titre avec Roxane. Au volet prévention.

Donc on a plusieurs volets de service dans la maison d'hébergement. Et on est toutes les deux en charge de se voler la sensibilisation. Donc on va à la rencontre de la population, des enfants, des jeunes, des étudiants, des entreprises. Vous mesdames. Merci pour l'amitation. Pour parler de la violence conjugale. J'aimerais juste mentionner que tu es en scène de 8 mois. Oui. D'un troisième enfant.

Ça veut dire qu'il y a deux qui te tirent du genre à la maison. Plus tu fais le stage, on doit être le bravo. Merci. Je pense que toute la Dauphinel est au courant. On voulait vraiment venir vous rencontrer. C'est un podcast qu'on estime beaucoup. Et c'est ma dernière journée de travail. Comment ? La camionette de la meilleure personne. Quand j'ai ma eternité. Ah bah il m'a eternité.

Parce que le directrice est juste maintenant. Non tu pars pas en vacances là. Non, tu pars en travail de maternité. Wow. Hey on devrait tellement changer de mot pour ça. C'est ça que vous l'aimez, Job. Vraiment. C'est ça que j'ai tout compris. Mais vous avez l'air encore à ce jour après 10 ans complètement passionné parce que vous faites. Oui. Vraiment. C'est une cause qui est pas facile. Ça c'est sûr.

C'est un sujet qui parfois est difficile. Puis il y a beaucoup de gens qui me disent quand tu arrives à la maison des bergements, ça doit être triste. C'est tout ça. Ça doit être un travail qui est assez tough. Oui mais il y a tellement de beaux aussi. Je pense que c'est ce qui fait qu'on garde cette passion après autant d'années. C'est de se dire qu'il y a de l'espoir. Aujourd'hui on va parler d'un sujet difficile.

Oui. Et puis après on peut s'en sortir. Puis ces histoires-là, on en est témoin à tous les jours. Il y a des niets avec des femmes qu'on a après 10 ans, qu'on voit les enfants qu'on a vu naître entre les meurs de la maison des bergements qui sont encemenés. Il y a beaucoup de naissance à la maison des bergements. C'est un travail humain, c'est incroyable.

On mentirait si on dirait que ça va très bien tous les jours et puis surtout qu'on est maman toutes les deux. Donc je pense qu'il y a eu une transition difficile aussi à adapter quand on est devenu maman parce qu'on voit au quotidien la souffrance, la douleur, les choses les plus horribles, malheureusement qu'une femme et son enfant peuvent vivre.

Mais c'est aussi comme le disait Roxane, de continuer à les voir par après, de voir la résilience des enfants parce que les enfants, honnêtement, ils arrivent à s'en sortir d'une manière que nous-mêmes, en fait, ça nous étonne à chaque jour et surtout les maman qui arrivent dans un moment le plus vulnérable dans leur vie parce qu'elles quittent vraiment dans l'urgence.

Là, on n'est pas dans « t'as le temps de te préparer ». Non, c'est des femmes qui pensent qu'elles vont peut-être mourir dans la journée si elles restent avec leur partenaire à la maison. Donc elles arrivent à un moment où c'est le plus dramatique et difficile.

Et en fait, quand on voit le après, puis c'est pas nous, grâce à nous pas du tout, nous, on a été juste là pour leur offrir l'espace qu'elles avaient besoin d'obtenir. Et je pense que c'est notre reconnaissance personnelle après. C'est pour ça que ça fait plus dix ans et qu'on a une belle équipe qui est là aussi depuis très longtemps.

Les conditions de travail, ce n'est pas pour faire l'impublicité à notre maison d'hébergement, mais réellement dans les organismes communautaires. Je pense que vous le savez, c'est parfois difficile. On manque de moyens financiers humains. Donc on a la chance d'avoir des directrices de services qui font leur nécessaire, en tout cas, à ce niveau-là pour nous accompagner. En fait, donc.

Il y a eu la raison de ce podcast-là aujourd'hui entre autres, c'est qu'il y a eu cinq féminicides. Vous avez dit tantôt 25 jours. 25 jours. Au Québec seulement, depuis qu'on est en 2026. Depuis 2026. Pas de mois. Puis ça, c'est plus que depuis combien d'années, savez-vous ? Je sais. En fait, c'est un départ catastrophique.

Généralement, par année, une dizaine de femmes qui perdent la vie au Québec en contexte conjugale. L'an dernier, neuf femmes ont perdu la vie. On était en cinq, en 25 jours. Donc depuis la vague post-COVID, en 2021, où les féminicides ont vraiment explosé. Je pense que cette année-là, il y en a eu 26. Ou de cette année-là, c'est vraiment l'un des départ les plus tristes, les plus tragiques.

Donc l'année dernière, c'est neuf en tout. Sur une année, en contexte conjugale uniquement. Il y a eu plus de féminicides de soeur, mais neuf en contexte conjugale. Oui. Donc sur le moment de la relation ou en post-séparation, ce qu'on appelle le après. Oui. Parce qu'il y a encore une fois, beaucoup pensent que quand on n'est plus dans la relation et que la personne, on n'est plus victime.

Mais en fait, non, malheureusement, on continue de l'être. Et on rappelle quand même que ce sont de femmes de vie mènes là, qu'on parle beaucoup de statistiques et de données chiffrées. Mais c'est des femmes qui sont décédées, qui ont été assassinées ou qui se sont suicidées éventuellement après de la violence conjugale. Non, non, c'est en fléau. Une seule ne devrait pas mourir, en fait.

Même une seule, c'est beaucoup trop. Mais là, on voit que le constat de cinq, c'est dramatique et on se pose des questions. Honnêtement, oui. Est-ce que ça s'explique ? Pourquoi cette année, particulièrement, ça se part comme ça ? Il n'y a rien d'explicable là-dedans. C'est difficile, je veux dire. Pour quelle raison ces féminicides-là arrivent ? Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi cette année ?

Alors qu'il y a quand même des efforts qui sont faits dans les dernières années pour tenter de combattre ces féminicides-là. Moi, honnêtement, je n'ai pas de réponse à cette question-là. Le pourquoi ? On n'a jamais la réponse parce que je pense que si on l'avait, il n'y en aurait plus ou en tout cas, on comprendrait mieux de qu'est-ce qu'on peut faire concrètement pour que ça n'existe pas.

C'est certain qu'on est dans un climat actuel quand même qui n'est pas favorable, que ce soit partout dans le monde. Je me ressentre au Québec et au Canada, ce n'est pas idéal non plus, vraiment. Mais en tout cas, au Québec, on fait le nécessaire. En tout cas, nous, par expérience, on suit ce qui se fait au niveau légal, on suit ce qui se fait dans la prévention. On est vraiment proactifs dans la prévention.

On essaie d'aller partout pour dire au monde, mais réveillons-nous, en fait. On est en train de perdre nos femmes, vraiment, littéralement. Puis ce n'est pas pour mettre de côté qu'il y ait des hommes aussi qui soient victimes de violences conjugales, il en a. Mais là, les femmes en meurent pour le coup. Donc, il n'y a pas de justificatif selon nous. En tout cas, on n'a pas malheureusement cette réponse-là.

Mais il y a quand même un climat, il y a une montée du masculiné, c'est une montée quand même de certains courants actuellement. Parce que c'est ça qui cause ça, c'est difficile de dire. Mais reste qu'il faut se retrousser les manches. Parce que ce n'est pas normal que nos mères, que nos sœurs, que nos filles m'arrêtent comme ça au main de leur conjoint ou ex-conjoint.

Mais c'est l'exposition, c'est les réseaux sociaux, l'algorithme. Il suffit qu'une personne, un homme qui écoute une vidéo qui parle justement contre les femmes ou whatever. Après ça, ça continue, ça continue, ça continue son algorithme. Ça l'aide pas. Ça fait que... Moi, je trouve que vraiment plus de tuers sur partout qu'on en voit, avant, on dirait que...

C'est les réseaux sociaux parce qu'avant, on dirait que j'étais moins consciente de ça. Puis on dirait de le voir sur des vidéos, des gens qui parlent de tuers qui insultent les femmes haut et fort. Ça, je pense, ça ne l'aide pas, non plus. Non, il y a un courant, il y a un courant vraiment.

Et puis, tu sais, c'est ce qu'on dit aussi, c'est que la violence conjugale, en fait, elle existe depuis toujours, depuis la nuit. On est temps vraiment, depuis loin, on n'était pas encore nés. Ça existait déjà. Il y a cette chance quand même qui est les réseaux aussi, aujourd'hui les réseaux sociaux, les médias, les télévisions, tout ça. Mais c'est vrai que ça peut avoir aussi un autre revers là-dedans.

C'est beaucoup du monde qui va se rallier pour une certaine cause. Et puis on le voit parce qu'on fait aussi beaucoup de... On gère nos médias, nos plateformes, en tout cas, des réseaux sociaux. On fait beaucoup de sensibilisation de la même manière qu'on le fait dans nos conférences. On le fait sur les médias. Et on a des commentaires à chaque jour qui sont horribles, horrible, horrible.

Et là, en lien avec les 5 féminicides, on ne devrait pas justifier pour quelle concraison. Et ce qu'on veut passer comme message, en tout cas, à la Dauphinel, c'est de se dire, ben, hommes, femmes, on est tous dans le même bateau. On est ensemble, on devrait lutter ensemble, en tout cas, contre cette problématique.

On voit qu'il y a quand même une cassure, en certains moments, donnée avec beaucoup d'hommes qui nous reprochent d'en parler, qui en valide ce qui se passe, qui vont justifier pour diverses raisons. Donc ça, c'est dangereux et on a l'impression que ça joue quand même aussi là-dedans. C'est quoi les premiers signes qu'on peut voir chez quelqu'un, chez une femme qui pourrait vivre la violence conjugale ?

Parce que j'ai l'impression qu'à tort, on a l'impression que c'est toujours physique. Mais que c'est... Il n'y a pas justement une statistique, comme la majorité des féminicides, ils n'ont jamais vécu de violence physique avant le jour où ils sont décédés. Dans le tiers des cas, en fait. Dans le tiers des cas. Dans les tiers des cas, les femmes n'ont jamais vécu de violence physique avant le jour de leur meurtre.

Au niveau des enfants aussi, là, le bureau du coroner a statué, c'est dans 50 % des cas de meurtres d'enfants qui n'avaient pas d'abus physique sur les enfants avant le jour de leur meurtre. Donc il ne faut pas se dire, ben, parce que j'ai jamais vécu de violence physique, ben, je suis protégée, ça ne pourra pas m'arriver.

Parce que c'est une question souvent qu'on a, puis c'est un biais qu'on peut avoir de minimiser ce véhicule-là de contrôle, de violence psychologique en se disant, ben, ça ne va pas m'arriver parce qu'il ne m'a jamais frappé, poussé ou autre. Non, on ne le sait pas. C'est un mythe. C'est une idée préconçue qu'on a en tant qu'être humain.

Population doit se dire, ben, tant qu'il n'y a pas de coups, c'est pas grave finalement, mais parce que pendant des années et des années, des décennies, on représentait la violence conjugale comme juste, ben, la femme battue, la femme qu'on voit à la télévision avec les bleus, les équimos de partout. Et en fait, il y a certainement de toute façon aussi une autre compréhension.

On peut déjà justifier le fait que, ben, c'est difficile à cacher, les coups, les blessures, les bleus. Donc à un moment donné, l'auteur de violence conjugale, qui soit un homme ou une femme peu importe, mais va peut-être se dire, ben, je vais peut-être éviter ce moyen-là physique qui va pouvoir se voir. Et après, je vais perdre ma compagne, par exemple, ou mon compagnon.

Donc je vais utiliser plutôt les stratégies psychologiques. Et puis comme on le dit avec les statistiques et les données, ben, ça fait autant de mal, ça fait autant de mal, voire plus.

La parole des femmes qu'on accompagne depuis des années nous disent, « C'est les coups, je les ai eus, je les ai sentis, je les ai... » Mais ça part, tu sais, je vais voir le médecin, je vais avoir un traitement, je vais mettre de la crème ou quoi que ce soit, ça va partir.

Mais ce qu'il m'a fait pendant des années sur mon psychologique, sur ma santé mentale, sur ce contrôle vraiment, parce que c'est du contrôle quotidien dans tous les aspects de ma vie, ben ça, je vais avoir du mal à m'en sortir de ça, et ça va prendre des années, on le voit avec les femmes, elles s'en sortent, c'est positif, bien évidemment, mais ça prend énormément de temps et il y a besoin de services spécialisés pour que ça aille bien.

Pis pour répondre à ta question, tu sais, comment on le repère, tu sais, comment est-ce qu'on peut identifier, mais tout d'abord quand on le vit, ben, c'est des reproches, c'est des critiques constants, c'est un peu ce sentiment-là que tout ce que je fais, c'est jamais assez, c'est jamais valide, c'est jamais correct.

Pis tranquillement, peu à peu, ben toute mon énergie va commencer à aller sur l'autre, les besoins de l'autre personne, c'est standard à lui, sa façon de faire les choses.

Donc je vais commencer un peu à m'effacer, à diminuer qui je suis pour mettre cette énergie-là sur l'autre, pour tenter que tout soit parfait, pour tenter d'éviter les conflits, pour tenter d'éviter les crises, et donc on peut observer souvent un changement, un peu de personnalité là au niveau de la personne, une tristesse aussi, ça gruge énormément d'énergie.

Donc de faire en sorte que tout soit parfait au quotidien, de se faire abaisser, critiquer jour après jour, c'est très difficile. Pis la violence conjugale, ça commence avant tout avec une relation amoureuse. Y'a aussi ça, y'a pas aucune femme qui va embarquer dans une relation comme ça, en pensant que ça va être ça la finalité de la relation.

Y'a toujours de l'amour, y'a toujours du beau au début, pis ce beau-là, tranquillement, va devenir de moins en moins présent. Pis il va y avoir tout ce climat-là, de tension qui va commencer à s'installer à la maison, où j'ai peur, où je sens que je marche sur des oeufs, j'essaie de faire en sorte que tout soit parfait. Donc je vais mettre en place des stratégies.

Donc comme signe à repérer, ben je vais commencer à changer comment je m'habille, je vais commencer à changer comment je suis avec les autres. Donc...

À m'isoler aussi beaucoup l'isolement, on le minimise beaucoup, l'ignorance aussi on minimise, mais on parle beaucoup du cycle de la violence conjugale, mais on n'en parlera pas aujourd'hui, je pense que c'est quelque chose qui est très connu avec les différentes phases, mais ce qu'il faut, là où il faut mettre l'accent, c'est vraiment sur le contrôle coercitif qu'on appelle, il y a vraiment la terminologie maintenant qu'il l'identifie.

Et c'est vraiment comme le dit Roxane, c'est des stratégies, parce qu'on s'entend que l'avirance conjugale, c'est pas des disputes, des chicanes de couples qu'on a dans tous nos couples, je pense que chaque être humain ne pourrait pas dire « ben je ne me suis jamais disputée » ou quoi que ce soit avec ma partenaire ou mon partenaire, c'est normal, les disputes, on a de la colère, quand nous on a des émotions, on est des êtres humains.

Là c'est différent, c'est que même dans une dispute ou dans une chicale, j'ai envie de lui dire ce que je pense, j'ai envie de lui montrer ce que je sais faire, j'ai envie de décider de ma vie sur tout ce qui m'appartient, je ne peux pas le faire, je ne peux pas le faire, je n'ai même pas le droit de m'exprimer pour le dire, pour le faire.

Et comme le dit encore une fois Roxane, c'est que ça s'installe, mais progressivement, ce n'est pas la première semaine de relation, des fois même, ce n'est même pas la première année, il y a des femmes qui nous ont dit « ben moi ça a commencé à 2-3 ans de relation, c'est pour ça que c'est d'autant plus difficile de le repérer, de le constater. » Et quand nous on est les proches, qu'on appelle l'entourage proche, que ce soit familial, amical, collègue de travail, ben on fait face à quelqu'un qui stratégiquement va manipuler son monde.

Donc on est manipulés nous aussi là-dedans en plus de la partenaire conjugale, et ça c'est vraiment les propos des personnes qu'on accompagne, c'est de se dire « mais j'avais vraiment la sensation d'être folle, parce que quand il voyait ma famille, quand il voyait mes amis, c'était l'homme parfait, c'était le papa parfait, c'était la personne idéale. » Donc le monde, même nous à côté on le regardait et on se dit « ben c'est vrai que c'est difficile à croire là, ce qu'elle est en train de nous dire ou ce qu'elle essaie de nous faire comprendre, parce que nous on n'en voit pas ce signe-là, mais les signes ils sont bien présents, et quand tu sais dans la sphère du privé en fait. – Comment on peut savoir, t'as tout dit, on a toute notre action à prendre, mais comment on fait concrètement, c'est quoi les gens qui ne sont pas dans cette relation-là, il y a des signes que l'on peut savoir un peu plus. – Il y a des petites choses quand même qui vont arriver, tu sais on s'entend le plus gros des manifestations de violence, vont se faire justement dans l'intimité, mais il y a quand même des choses qu'on peut remarquer, des blagues sarcastiques par exemple.

Donc des blagues qui vont se faire devant la famille, puis la personne qui est victime va vraiment se sentir humiliée de ces blagues-là, personne rit aussi dans ces moments-là, on se rend compte que c'est vraiment juste pour venir piquer la personne, lui créer un sentiment aussi qui n'est pas agréable.

Avant d'aller voir mes proches, ça peut être des chicanes tout le long dans la voiture, on va chicaner, et là j'arrive avec mes proches, je suis déjà pas bien, donc on vient vraiment faire du sabotage avant les réunions familiales, après, ça peut instaurer aussi un isolement, donc tu sais cet ami-là dont on était super proche, qui était toujours présente, puis là tranquillement, elle commence à nuler, elle vient plus. – Elle justifie ses absences. – Ça fait, donc ça c'est aussi un autre signe qu'on peut observer, vraiment un décalage au niveau, une altération de ses liens avec les gens dont elle était si proche, pourtant on s'entend le salarif aussi des moments où on va prendre des distances, des gens autour de nous, surtout dans un début de relation où ça peut être très fusionnel, je pense c'est quelque chose qui est normal, mais généralement on va quand même revenir là auprès de nos proches.

On parle vraiment d'un éloignement qu'on peut remarquer, des blanques sarcastiques. – Et la personne, pour te compléter aussi, la personne, elle va changer de comportement, on le disait tout à l'heure, c'est que on ne reconnaît plus notre ami, on ne reconnaît plus notre sœur, notre cousine, peu importe qui c'est, on la connaît, c'est très spontané, très enthousiaste, très joyeux, sociable, tu sais qu'il n'y a pas de difficulté à aborder plein plein de sujets en public, en famille, et puis là dès que lui est là, ou elle est là, si c'est une femme, mais on ne voit plus la même personne, on s'efface, on essaie de parler, mais tu sais comme on se met en retrait, ou alors on veille, on regarde les regards un petit peu, tu sais j'ai envie de dire quelque chose, il y a une blague qui se fait, j'ai envie d'intervenir, mais est-ce qu'il va mal le prendre, est-ce qu'il va me le reprocher, il y a toujours cette sur-protection, mais c'est aussi hyper vigilance.

La personne qui vit de la violence conjugale, elle est en hyper vigilance constamment du matin au soir, pour tout ce qu'elle est en fait, pour tout ce qu'elle représente.

Est-ce que je me suis bien habillée, est-ce que je parle de la bonne manière, est-ce que j'ai bien habillé les enfants, est-ce que j'ai fait la bonne nourriture, comme il me l'a demandé, donc ça, ça a créé du stress, énormément de stress, et le stress, c'est une personne, c'est visible, c'est vraiment visible.

Ce qu'il faut faire dans ces cas-là, il y a plein de choses à faire, mais c'est pas facile, proche, ami, collègue de travail, c'est déjà d'ouvrir un petit peu ses oreilles, c'est de poser peut-être une question, juste une question ouverte, comment tu vas ?

Tu n'as pas l'air bien, parce que je te connais, je me permets de te le dire, tu démontres peut-être des signes, tu as l'air triste, je t'ai vu sortir des toilettes, tu étais au téléphone, tu pleurais, tu sais, est-ce que tu as envie de m'en parler, parce que je sens qu'il y a quelque chose qui se passe, et puis là, normalement, ça va venir peut-être avec un peu plus d'informations, ou pas, ou pas, parce que la personne aussi va se sentir coupable, va se sentir honteuse d'en parler, d'aborder ça avec vous.

Donc il faut respecter le rythme de cette personne-là, mais il y a forcément des signes, puis quand on va en atelier, que ce soit dans les entreprises ou dans les écoles, et qu'on parle de ces fameux signes, bien finalement, le monde réagit et dit « ah ouais, c'est vrai, c'est vrai que moi, je l'ai vu réagir comme ça la dernière fois ».

Tu sais, j'ai essayé un petit peu d'aborder certaines thématiques ou sujets avec elles, et je voyais qu'elle s'était mis en retrait, qu'elle se braquait, tu sais, comment tu vas en relation ton chum, ton partenaire, t'as un tableau de comment elle va ? Ben j'ai pas envie d'en parler, tu sais, ouais, ça se peut, t'as le droit aussi de pas vouloir en parler, mais est-ce que tu peux me dire un peu pourquoi ?

Puis là, on va commencer peut-être à dire, ben si on s'est disputé, mais j'ai l'impression que ça revient souvent, les disputes en ce moment, est-ce que c'est pour quelque chose en particulier, puis là, on va avoir peut-être un peu plus d'informations, mais tu sais, y'a pas de solution miracle là, ça peut marcher comme ça peut ne pas marcher non plus. Puis, puis...

En tant que, mettons, citer la maman, là, dans ça, ou elle veut plus le petit, tu sais, que tu as fait avec des situations comme ça, j'avais entendu dire qu'il fallait, tu sais, qu'il fallait pas interdire ni donner une commentaire à la face, là, à ce moment-là, qu'est-ce que c'est quoi la meilleure intervention qu'on peut faire à parler d'écouter ? C'est-tu d'autres choses qu'on peut faire ?

La première étape, c'est de l'écouter, puis après ça, si on voit que c'est récurrent, qu'est-ce qu'on peut faire ? Garder le lien avec la personne, puis c'est vrai que ça peut être dangereux pour les proches, parce que souvent, si l'auteur de violence comprend, tu sais, quelque chose, il peut venir saboter la relation, puis après ça, retourner ça.

En tant qu'elle est vraiment à nous check tout le temps, il va réussir parfois à retourner ça contre la personne, donc d'être présent. Puis je pense que de toujours aller chercher un peu la... Qu'est-ce que la personne qui est victime dans la situation, qu'est-ce qu'elle en comprend de ça ? C'est comme présentement, ce qui se passe en ce moment, quel mot tu peux mettre sur ta situation ?

Donc de l'amener à en parler pour qu'elle puisse prendre par elle-même les prises de conscience. Donc, puis on va questionner, c'est quoi ta limite ? Tu sais, il est arrivé une chicane, qu'est-ce qui te dit pendant cette chicane-là ? Bien, il a utilisé des mots blessants, donc d'essayer de l'amener à prendre conscience. Ça a eu quoi comme impact ? Tu sais, quand qui te dit telle chose, comment tu t'es senti ?

Donc de l'amener à parler, en fait. Puis souvent, nous, on veut souvent nous combler un peu ce silence-là, puis parler, puis amener la... Non, c'est à la personne de parler. On pose des questions, on l'amène à se questionner sur sa relation, sur les impacts de ces comportements-là, sur elle. Puis... On peut se permettre de nommer les choses en certains moments.

Moi, je dirais que parce qu'on tient aussi une ligne d'écoute d'urgence, donc un téléphone sur lequel tout le monde peut nous appeler, entourage, partenaire, peu importe qui. Ah, c'est bon, ça.

Ben, vraiment, et puis ça aide énormément de monde, parce que des fois, on se pose nous-mêmes la question, tu sais, en tant que femme, est-ce que vraiment je vis de la violence conjugale, ou c'est juste un mauvais passage que j'ai dans ma relation ?

Et ce qu'on invite, parce qu'on a beaucoup de mamans, comme tu parles des mamans, on en a énormément, des mamans qui nous appellent pour nous dire, mais tu sais, je reconnais plus ma fille, je ne la vois même plus, alors qu'on était fusionnelles, elle et moi, avec son papa, avec son parent, on est comme un trio, et là, de par le biais de la relation, non, on en est convaincus que c'est de la faute à la relation, mais on le sait qu'il faut pas intervenir, parce qu'elle va se braquer, c'est normal de se braquer pour quelqu'un qui est dans une relation comme celle-ci, faut se rappeler que c'est un partenaire qu'elle a choisi, elle l'a choisi parce qu'il avait des qualités, en tout cas, elle était convaincue que ça pouvait être la bonne personne, donc de voir quelqu'un de sa famille venir nous dire, « Mathieu, il n'est pas correct avec toi, il est mauvais, il est méchant, il peut lui dire toutes les insultes possibles, ben ça va venir aussi juger nos propres choix, donc on va se mettre en retrait. » Donc nous, ce qu'on invite aussi à dire, c'est bien évidemment l'écoute, mais aussi quand même par sécurité, de verbaliser, de nommer les choses.

C'est moi, je suis ta maman, je te connais, je t'ai éduquée d'une certaine manière, je sais que t'avais certaines valeurs que je ne revois plus aujourd'hui, comment c'est possible ? Moi, j'ai la sensation qu'à chaque fois que vous venez à la maison, on prend des exemples de situations.

Je me suis renseigné un peu moins, j'ai regardé un peu sur Internet, j'ai appelé des ressources, c'est de la violence conjugale, Mathieu, alors peut-être que toi tu ne vas pas te reconnaître là-dedans, on ne va peut-être pas mettre le mot violence conjugale, mais ce n'est pas une relation saine que tu es en train de vivre. Puis comme le disait Roxane, on la questionne, qui était-tu avant d'être en relation avec lui ?

Comment t'aborder les choses de la vie en fait du quotidien, comment tu voyais les choses, et puis souvent quand on parle de contrôle, sur tous les aspects du quotidien, que ce soit le travail, quelqu'un qui a envie de travailler versus quelqu'un qui n'a pas envie de travailler, la parentalité, l'éducation des enfants, les valeurs humaines, ça, elles vont être mises sous une emprise de la part de l'auteur.

Donc, la personne qui en est victime, elle va commencer à changer toutes ces valeurs-là, alors qu'elle ne le souhaite pas, ne le veut pas, mais elle fait part à attendre de son compagnon ou de son partenaire en tout cas. Donc ça, c'est des choses qu'on peut lui rappeler. Tiens, regarde, quand t'es à la maison avec nous et qu'on parle de ça, ça, ça, bah t'as pas le même avis.

Est-ce que ça, ça te questionnerait pas justement sur ta relation ? C'est vraiment la présence, l'élément clé, l'écoute, puis d'être au mieux en tout cas, en alerte, en tout cas, de maintenir le relationnel, parce que ça aussi, on a beaucoup de personnes qui nous appellent proches et nous disent « mais c'est fatiguant d'accompagner quelqu'un qui vit ça ».

Parce que, tiens, on a beau lui dire, on a beau lui parler, on a beau lui donner même des exemples, bah elle retourne toujours avec lui, c'est une noeud à un moment donné, on n'a plus envie, on lâche l'affaire et ça se comprend, il faut lâcher l'affaire quand on n'est plus capable, là c'est certain, mais c'est peut-être le moment justement où tu penses toi en tant qu'entourage que ça va pas fonctionner et la semaine d'après il va peut-être arriver quelque chose d'encore plus grave, elle va se rappeler que toi t'as été présente, que t'as été ouverte et sans jugement, bah c'est toi qu'elle va appeler, c'est certain, on le voit par expérience, malheureusement en tout cas, c'est comme ça que...

De faire attention, ça peut être qu'en frontaine, utiliser juste le terme victime, il y a beaucoup de femmes qui vont nous dire bah moi je m'identifie pas du tout à ce mot-là, ou violence conjugale, donc parfois d'utiliser d'autres mots en parlant du contrôle par exemple, mais ça peut être une façon aussi d'arriver à mettre des mots sur nos inquiétudes, mais sans être trop confrontant si la personne, elle ne se voit pas de cette manière-là.

Au niveau de la loi, la coercition? Coercition. Coercition? Ouais. Contrôle coercitif. Coercitif. C'est pas nécessairement reconnu dans le sens que c'est ça, il n'y a pas de violence en soi, fait qu'il n'y a rien qu'on peut faire pour le contrôle ou le... C'est pas criminalisé en termes de la loi.

Au criminel, on ne peut pas aller porter plainte en disant je suis victime, mais il n'y a pas de physique, il n'y a pas de violence physique, c'est que de la coercition justement.

C'est que des menaces, du dénigrement, en tout cas, toutes les violences psychologiques qui rentrent dans ce contrôle coercitif, on a espoir en tant qu'organisme qui travaillons dans le mandat que ça le soit, parce qu'il y a trois autres pays, ici je ne dis pas de bêtises, qui l'ont criminalisé, maintenant on n'a plus besoin d'avoir les fameux photos, des bleus, des papiers de médecins par exemple, quand on a été à l'hôpital ou quoi.

Ne serait-ce que, et ne serait-ce que c'est déjà très grave, mais le contrôle coercitif, on va l'accepter. Par contre, il y a des évolutions déjà sur sa compréhension, donc maintenant on en parle de contrôle coercitif, avant on n'en parlait pas du tout. Je ne me parle pas quand même. Pardon ? C'est même pas grave. On a du mal aussi, contrôle coercitif. C'est gros comme mot.

Mais en fait, ce n'est pas une nouvelle forme de violence. C'est juste l'ensemble de toutes les manifestations de violence, pendant trop longtemps, encore une fois, on faisait comme une espèce de hiérarchie entre les violences, « Ah ben, physique, c'est plus grave, psychologique, c'est en bas, sexuel, ça se promène un petit peu ».

Non, c'est un ensemble de violence qu'on va mettre dans ce fameux contrôle coercitif, et c'est par le biais de piliers. On va venir un petit peu jouer avec les droits de la personne, l'accès aux informations de la personne, on va venir la contrôler vraiment, surtout. Et ce fameux contrôle psychologique, il a des conséquences, on le voit, sur le vécu des femmes par après, sur les enfants énormément.

L'évolution récente, c'est par le biais aussi du civil, en fait, quand on veut se séparer en contexte de violence conjugale. Donc on est d'accord qu'on ne se sépare pas parce qu'on le souhaite, mais on fuit un petit peu.

Maintenant, les juges sont obligés de prendre en considération ce fameux contrôle coercitif dans l'historique de vécu de la personne pour se dire, ok, là, on a deux personnes qui sont dans un contexte de violence conjugale. Mon but à moi, en tant que juge, c'est d'évaluer en tout cas le meilleur... Je perds mon mot. – Interêt de l'enfant. – Enfin, en fait, maintenant, on doit faire l'analyse, en fait, documenter.

Si il y a présence de contrôle coercitif dans la situation familiale, on doit en tenir compte sur les enfants, et dans le calcul temps parental, par contre, ça, c'est un changement de loi qui a eu lieu en 2021. – Ça, c'est-tu laissé 13 quelque chose, là, ceci? – Le C16, non, ça, c'est 16. Donc ça, c'est vraiment un criminel, donc, au civil.

Donc quand il y a séparation, on doit en tenir compte, mais, t'sais, dans les faits, là, entre le changement de loi et la réalité, là, il y a deux mondes. Donc nous, le vécu des mamans, c'est qu'on n'en tient pas nécessairement compte, présentement. Il y a eu quelques jugements. Il y a eu des jugements qui ont fait du jurisprudence. On en tient compte au niveau du civil, après ça, au niveau du criminel, le C16.

Mais c'est tout récent, là. Ça vient de juste être déposé avant les fêtes. Je pense que c'était le 9 décembre.

Mais après les deux jours d'actions contre la violence faite aux femmes et les commémorations de polytechnique, le 6, donc quelques jours après, le gouvernement fédéral a annoncé le dépôt du projet de loi C16, qui est donc, en fait, la criminalisation du contrôle coercitif. – Mais oui. – Sauf que là, il y a encore une grande bataille au niveau législatif.

Adopter, là, on s'entend qu'on parle de quelque chose de sous-gouvernemental. Mais c'est parce que ça aussi, c'est une lutte, pas que de nous, de l'adopinel, de tous les organismes, de toutes les maisons d'hébergement, de dire ça a pas de sens. Il y a des pays qui l'ont criminalisé. Pourquoi une victime doit forcément attendre de vivre le pire pour qu'on puisse agir ?

Et le nombre de femmes qui nous disent « J'ai envie d'aller porter plainte, c'est l'enfer que je vis au quotidien. » Mais oui, j'ai pas de traj, j'ai pas de coups. Donc, malheureusement, les services de police veulent bien faire, mais ils ne peuvent pas parce qu'il n'y a pas de loi qui est appliquée.

Donc, ils vont leur dire « On est désolés, madame, mais pour l'instant, on ne peut rien faire de votre situation. » Continuez de décrire sur des papiers, continuez un petit peu d'enregistrer, de garder des preuves de ce contrôle-là. Mais on espère, on ne veut pas être péjoratif et négatif, on espère que ça va passer parce que ça n'a pas de sens. Et c'est ce qu'on dit, en fait.

Quand on nous pose la question, selon vous, quelles sont les solutions ? On n'a pas de solution miracle encore aujourd'hui. Mais l'application de cette loi-là est continuez vers des applications plus strictes de la violence conviviale. Pour nous, en tout cas, c'est la solution, parce qu'on devrait pas être rendu à cinq femmes qui ont été...

Mais si l'on dit que la STAT c'est une sur trois qui n'a jamais vécu de violence physique avant de mourir, c'est de ne pas prévenir l'effet précis, de ne pas les prendre en compte. Exactement. Et c'est quoi la conséquence du contrôle coercif, selon vous ? Quelles les femmes s'éteignent. C'est la privation de la liberté. C'est ça le contrôle coercif que la violence congéante la conséquence numéro un.

C'est qu'un individu qui va prendre le pouvoir sur un autre est tranquillement, parce que ça se fait surenoisement, petit à petit, je commence à perdre mes libertés. Donc c'est un enjeu important. Mais oui.

Puis quelqu'un qui, pour preuve, parce qu'on aborde beaucoup la question aussi avec les femmes, mais aussi sur les médias sociaux, on a énormément de témoignages de femmes qui nous écrivent, mais quelqu'un qui a envie de partir parce que c'est l'enfer et elle sait qu'elle est en danger. Mais après, elle voit dans les médias, quelqu'un a été arrêté pour violence conjugale.

Il y a eu, en effet, de la violence physique, a été peut-être condamné jugé. On fait face à quelqu'un qui a des brits de conditions, qui a fait des brits de conditions, qui a une sentence d'un juge qui lui a dit « Tu ne dois pas approcher cette personne-là, tu ne dois pas rentrer en contexte direct ou indirect. Cette personne a quand même brisé les conditions à plusieurs reprises.

Ça veut bien dire que la personne ne se sent pas responsable du tout de ce qu'il a fait. Il est encore en liberté. Cette personne-là, elle est dehors. Et puis elle va aller des fois jusqu'à 11 à 12 fois briser les conditions. Et à la 13ème fois, le fameux papier qu'il s'est engagé à signer, on va le mettre de côté, puis ils vont aller assassiner son ex-partenaire. Ça a été le cas des derniers faits médicines.

Il y a eu des plaintes, il y a eu des dépôts de plaintes, il y a eu des sentences, il y a eu des conditions qui ont été appliquées, mais qui n'ont pas été respectées. Donc quelqu'un qui lui... Oui. Oui. Je voudrais pas dire de bêtises pour ne pas me souvenir, mais il y a une des femmes dans les cinq qui avait...

Son partenaire en tout cas, qui l'a assassiné malheureusement, avait déjà été auteur de violences conjugales auprès de deux autres femmes dans le passé. Et avait déjà fait de la prison pendant deux à trois ans, je crois. Et il était ressorti dans une nouvelle relation. Elle avait déposé plaintes. Il y avait eu ces fameuses conditions qu'il n'a pas respecté. Et on est arrivé avec un nouveau féminicide malheureusement.

Donc quelqu'un qui vit cette situation-là, qui se dit malgré le fait que je vais porter plantes, bien si on n'est pas en possibilité de m'assurer une certaine sécurité, je préfère pas partir. Je préfère rester au moins. Je suis peut-être un peu safe là où je suis. Donc ça vient vraiment causer des impacts très gros en tout cas.

Dans le C16, il y a aussi le fait qu'on va possiblement considérer le féminicide comme des mœurs de premier degré. Donc ça aussi, c'est quand même quelque chose de nouveau, d'important. Parce que présentement, il y a plusieurs féminicides qui sont jugés comme étant des secondes degrés. Est-ce que vous pouvez faire la différence pour nous aussi? Oui.

En fait, le premier degré, c'est qu'il y a de la priméditation avec des propos délibérés. Donc ça veut dire que ça a été là, il y a un certain plan qui a été mijoté. Et deuxième degré, c'est qu'il n'y a pas de priméditation. Ok?

Et souvent, quand il y a une couverture médiatique d'un féminicide, ce qu'on comprend, c'est qu'il est arrivé une chicanne, c'est ce qu'on a vu dans les dernières couvertures médiatiques, une chicanne qui dégénère. Ok? Mais c'est de dire, un féminicide, c'est pas une chicanne qui dégénère. Ok? Notre directrice disait récemment, une chicanne, ça se termine pas en féminicide. Ok?

Donc c'est l'aboutissement d'une longue relation de contrôle, de violence qui va culminer avec le féminicide. Donc de le reconnaître comme premier degré, c'est qu'on vient reconnaître ce fait-là.

Que c'est tout un cheminement par lequel la femme va passer, un peu comme le meurre des policiers ou les meurs qui vont survenir dans le corps d'agressions sexuelles, ben c'est des premiers degré, ben c'est la même chose qu'on veut faire avec le féminicide pour envoyer un message clair à la société. Ben oui. J'aimerais qu'on fasse un petit exercice.

Nous avons des titres d'articles qui sont sortis dans les médias, je ne sais pas si l'un est primé, j'espère que oui. Ok, mauvais traitement médiatique, parfait. Nous avons ici des exemples de mauvais traitement médiatique en violence conjugale. Nous avons comme titre ici, une chicanne dégénère à rougements, une femme entre la vie et la mort. Donc ça c'est celui que tu m'assois né. C'est l'exemple que je te donnais.

Une chicanne, ça se termine pas avec un féminicide. Violence conjugale, il devra porter un bracelet anti-rapprochement. Oui, ben en fait, dans cet article-là, si je me rappelle bien, c'est que dans le premier texte, on parlait justement que cet homme-là, les fesses sont si graves, qu'il va devoir porter un borne qu'on appelle un bracelet anti-rapprochement.

Ça c'est un dispositif de sécurité, la femme va avoir un cellulaire, il y a un certain périmètre que monsieur ne peut pas entrer. Donc souvent le domicile, le lieu de travail, le lieu d'école. Puis si cet individu-là franchit ce périmètre-là, ben la femme reçoit une alerte sous son téléphone cellulaire. Donc il faut pas qu'elle me débatte. Il s'appelle les services de police, exactement.

Donc là, on parle d'un individu dangereux. Ceux qui se font ébrouiller un bracelet anti-rapprochement, c'est les criminels, les plus dangereux. Et dans cet article-là, le deuxième paragraph, après avoir parlé de la dangerosité de l'individu, on expose le vécu de monsieur en disant « il y a vécu un divorce dans la dernière année ». Puis il a aussi perdu son travail. Il y a eu une vie difficile.

Il ne pouvait pas payer les choses à la même saison. On est vraiment venus, nous en tout cas, c'est comme ça qu'on le voit et qu'on le nomme, décrédibiliser un petit peu sa responsabilité. Vraiment le rendre plus du tout responsable et justifier le fait qu'il est intenté à la vie de quelqu'un et qu'il a été justement reconnu coupable parce qu'il a embracé aujourd'hui et qu'il oblige à respecter certaines conditions.

Là, on vient expliquer à la population, on est d'accord qu'on suit tous les médias, les journaux. C'est un moyen de communication très important qui va venir quand même donner un certain regard à certaines situations, une compréhension. Le monde qui lit ça, moi, même si je suis dans le domaine ou pas, je lis ça, je vais avoir de l'empathie pour cette personne-là.

C'est normal parce que c'est comme ça que ça m'est décrit. Oui, mais il a vécu l'enfer. Sa vie a été difficile. Le divorce a fait que… ça a eu des impacts et des conséquences sûres. Donc peut-être que c'est pour ça qu'il a été violent envers son ex-compagne. Et ça, c'est dangereux. C'est trop dangereux et ça se fait encore beaucoup en 2026 aujourd'hui. C'est pour ça que je trouve ça intéressant qu'on l'aborde.

Et puis ça, c'est un titre, mais il y en a tellement le fameux drame passionnel. On l'a eu pendant très, très, très longtemps. Drame passionnel. Déjà, il y a quelque chose qu'il ne voit pas. Les deux mots vont pas en sens. Il aimait trop. Il aimait trop. Le laisser. Il a laissé. La mal gérer ça. Il y avait des enfants à le voler sa famille. Il doit se le faire pendant le même temps. Mais ça se voit encore.

Ça se voit encore. Et puis ça va à l'encontre. On ne dit pas que toutes les personnes sont mauvaises. Puis ça, c'est vraiment un message important qu'on tient l'adofinel. Ce n'est pas de dire que tous les hommes sont mauvais. Tous les hommes sont auteurs de violences conjugales. Pas du tout. C'est une minorité de cette population qui se considère homme qui va être auteur de violences conjugales.

Ce n'est pas tous les hommes, mais c'est toujours un homme. Mais c'est toujours un homme. J'ai vu cette citation. Et c'est pour ça qu'on vient aussi répondre à beaucoup de commentaires qu'on reçoit quand on vient un petit peu minimiser les actes et quand on vient aussi dire « Oui, mais les femmes aussi, elles font du mal. Et oui, les femmes aussi sont violentes dans leur relation. Oui, ce sont des faits. C'est vrai.

Quand on parle de suicide aussi, oui, il y a énormément malheureusement d'hommes qui vont mettre fin à leur jour. Mais là, c'est des problématiques différentes. Et surtout, quand on fait nos recherches, parce qu'on aimerait aussi pouvoir répondre à ces commentaires-là avec des faits, avec des actes, il n'y en a pas.

Une femme qui est auteur même de violences conjugales, elle ne va pas jusqu'à assassiner son partenaire ou son ex-partenaire. C'est un fait. C'est comme ça. Donc on n'est pas là pour dire que tout le monde est mauvais. On est là pour dire que c'est une problématique qui perdure depuis toujours, qui vient à retirer la vie de femmes, d'enfants.

Et qu'en tant que société, il faut pu mettre de barrière entre nous et puis faut agir ensemble. Il faut juste lutter ensemble. Je ne vais pas le citer. Je ne me rappelle plus de son nom, mais il y a une personnalité publique sur Instagram qui a fait une vidéo récemment, un homme, un influenceur qui a parlé d'une belle façon.

On la repartigine sur nos réseaux sociaux qui a dit « Mais arrêtons-nous en tant comme de se braquer quand on parle de féminicides ou quand on parle d'hommes qui sont violents vers les femmes. » C'est à cause de ça aussi le problème. Pourquoi on se braque ? Oui, nous, on n'a rien fait de mal. Oui, nous, on est des bons hommes. Mais si on se braque, ça veut dire déjà qu'on vient minimiser ce qui se passe.

Ça veut dire qu'on n'est pas d'accord forcément avec ce qui se fait. Non, on a une responsabilité en tant comme de se dire « Si nous, on n'est pas mauvais, faisons en sorte de regarder autour de nous, intervenons, agissons et puis soutenons les femmes qui le vivent. » Soyez en des bons âges. Oui, oui. Il y a des chambres de goûts qui ont des discours, genre « Je ne te bats pour le dire. » Exact. Est-ce que les...

Mettons, je sais pas sur le sujet du podcast, mais un homme, mettons, qui est victime de violence conjugale, est-ce qu'il y a des trucs ? Il y a des ressources. Il y a des ressources, il n'y a pas des centres, c'est-à-dire ? Oui, il y a des ressources pour les hommes. Ok, on dit de faire ça. Un homme peut pas aller dans la maison. Non, non, non, c'est les femmes uniquement. Mais il existe des ressources.

Oui, très cool. C'est important de le nommer, de le dire. On en fait aussi pas la promotion, mais quand on nous pose la question, on dit « Voici ce qui existe pour les hommes, et puis surtout, on le voit quand même encore une fois par rapport à nos appels, éventuellement sur la ligne d'urgence, ou par rapport à certains constats, il y a de plus en plus d'hommes qui vont aussi dénoncer de la violence conjugale.

Mais quand on est un homme, c'est pas facile d'aller dire au monde « Moi, je suis un homme, parce que voici l'image de l'homme qui est représentée dans la société. Comment je peux aller faire croire aux gens que vraiment ma compagne, ma partenaire me fait vivre de la violence conjugale ? » Mais on en a, on va dans des écoles, des fois, ou des centres de formation.

On parle avec des jeunes garçons, des jeunes hommes qui nous le disent, « Oui, moi, j'ai vécu de la violence conjugale, mais ça a été difficile d'en parler pour moi. Donc, on ne met pas du tout ça de côté, bien au contraire. » Exemple. Si je suis une femme victime de violence conjugale que je crois, mais le début, tu sais, que je sens que, « Hey, mon Dieu, ça commence à...

Je commence à plus me reconnaître, je commence à m'éloigner ma famille, je me sens plus pareil. Puis, est-ce qu'il y a des trucs... Est-ce que, mettons-le, cet exemple, bon, je vous appelle, il y a tous des trucs que je peux aider mon compagne. Maintenant que je l'aime vraiment, puis que j'ai pas envie que ça s'en aille vers le... Irréversible, tu sais, est-ce que c'est réversible?

Mettons, une relation qui commence à aller vers là, y a-tu moyen que je puisse faire réveiller mon chum? Y a-tu des recours? Y a-tu des... C'est une excellente question. Si je peux me permettre, je veux dire, moi, je crois en la réhabitation de l'être humain, fondamentalement. Par contre, il faudrait que ce questionnement-là vienne de la personne qui est hauteur de violence.

Moi, ce que je constate sur la ligne des coûts, tout quand on accompagne les femmes, c'est qu'on veut être les sauveurs. On veut, mais moi, je vais l'aider, je vais être là et tout ça. Donc, c'est moi qui fais des recherches sur c'est quoi les ressources pour les hommes? C'est moi qui fais des recherches pour trouver le thérapeute ou le sandal, c'est moi qui bue que son premier rendez-vous.

C'est moi qui dit de rendez-vous à telle heure, à telle journée, il se présente, ça va pas comme il veut, c'est la faute de qui vous pensez. C'est ta faute. T'as pas trouvé le bon thérapeute pour moi et ça vire bien souvent contre les victimes. Moi, je crois profondément en l'être humain qui peut changer. Par contre, il faut se regarder un peu le nombris et il faut faire une certaine introspection.

Puis si la conjointe, par exemple, arrive à nommer «m'ingarde, voici ce qui se passe, je suis pas bien là-dedans, le risque, souvent ça se tourne contre elle, c'est toi qui capote, c'est toi qui dramatise pour rien, c'est toi qui est rendu susceptible. Donc, il n'y a pas cette liberté-là de s'exprimer.

Après ça, si on est face à quelqu'un, disons que la personne arrive à l'entendre, à se faire dire ça, tu arrives à prendre action et à s'investir dans quelque chose, mais c'est à cette personne-là de justement faire le move, de faire les recherches, de prendre son rendez-vous par lui-même, puis de s'investir sur la longue durée dans les processus. Après ça, nous, on côtoie moins.

Je dirais cette portion-là de femmes, parce que nos femmes qu'on accompagne, on choisit de se séparer. Donc, c'est plus difficile, on ne pourrait pas vous arriver avec des... C'est jamais à te dire... C'est le bon question. La femme est retournée avec l'homme, mais que tout est redevenu. Mais nous, on n'est pas au courant à tout l'école. Non, mais comme avec le nom. Mais ici, je suis comme j'avais l'espoir.

Non, mais n'aménagez pas. Je pense que c'est une très bonne question. Et t'as répondu de la plus belle façon. Je pense que c'est vraiment ce qu'il faut pour répondre à ta question, faut rester centrée sur la notion des responsabilisations, responsabilité de la personne.

Si monsieur vient reconnaître ses actes, reconnaître ses agissements, ses mauvais comportements, il reconnaît que peu importe qui tuer en face de moi, tu m'as rien fait, tu n'as rien fait pour que moi, je décide ce matin de me lever et de me comporter comme ça avec toi.

Là, moi, je pense qu'on peut voir une espèce d'ouverture et de se dire, si on continue vers ce chemin-là, ou à chaque fois tu ne me fais pas de reproche, là, ce n'est pas moi, je suis victime de ce que je suis en train de vivre. Donc c'est toi, comme le dit Roxane, c'est toi qui fais le nécessaire pour réadapter notre relation et pour que ça me convienne.

À part tant et autant que la personne, ça lui convient qu'elle est en accord avec ça. Ben oui, c'est ce qu'on souhaite à tout le monde. C'est vraiment ce qu'on souhaite à tout le monde.

Nous, malheureusement, le retour, en tout cas de notre expérience, c'est que la majorité des femmes, quand elles nous abordent cet aspect-là, on en a beaucoup des femmes qui nous disent « mais j'y crois encore, mais je pense qu'il va changer, il m'a promis ».

Ça, ça vient avec la phase de réémission, avant d'appeler la phase de lune de miel, où je viens m'excuser de ce que j'ai fait, je viens promettre plein de choses. Ben c'est que ça tombe rapidement, au bout d'un mois, au bout de deux mois, trois mois, même, allez, on va jusqu'à six mois où tout est idyllique et parfait.

Mais je reviens dans mes travers, je reviens avec un contrôle que je veux, parce que c'est ce que moi, je vois de la relation conjugale. Donc, on aimerait que ce soit le cas pour tout le monde. Malheureusement, en tout cas, le public qu'on accompagne, c'est pas le cas. Mais, c'est, on le voit, on fait partie d'une table de concertation violence conjugale, ici, sur l'île de Montréal.

Il y a des organismes hauteurs de violence conjugale qui accompagnent, en tout cas, les auteurs qui en font partie. On discute un peu avec eux, et c'est ce qu'ils nous disent aussi. Ils sont là pour accompagner ces personnes-là, ces hommes-là, puis c'est des thérapies, souvent, de trois mois, six mois.

Et on va venir un petit peu questionner la personne sur ce qu'il a vécu, éventuellement, dans son passé, dans son enfant. Bon, moi, je ne critique pas les façons de faire de ces personnes-là, mais le constat est qu'après, souvent, ces personnes-là sont obligées par la cour d'aller prendre ce type de thérapie.

C'est un juge, une juge qui leur dit, « Ben, pour aller bien, pour pas qu'il t'arrive quelque chose de grave, engage-toi à aller suivre une thérapie ». Puis, quand la thérapie, elle est suivie, des fois, elle n'est pas suivie du tout, ou des fois, elle est suivie, mais finalement, on se dit, « Oui, mais non, mais ça, c'était pas mon problème, en fait.

Ça, c'est la concerne d'autres hommes, moi, c'est pas moi le problème. C'est la relation, c'est la femme avec qui je suis. Tant qu'on mettra la responsabilité sur la personne qui le vit, pour nous, on ne peut pas voir d'amélioration, en tout cas.

Ou souvent, ça va diminuer, je dirais, des fois, la violence physique va diminuer, mais tout le climat de contrôle, la violence psychologique, le dénigrement, le rabaisement, mais souvent, ça va se maintenir ou ça va revenir. Avez-vous un sommard, un questionnaire sur votre plateforme pour savoir si j'ai des doutes sur est-ce que je crois qu'il y a des victimes ou il y a des questionnaires pour savoir ?

Sur le site, SOS Violence Conjugale, il y a vraiment un quiz interactif. Pis tu sais, c'est pas « Est-ce que je suis victime de violence conjugale ? » C'est « Est-ce qu'il y a du contrôle dans ma relation ? » Donc, nous, on est vite tout le monde à le faire. Je l'ai même fait, moi-même, également, c'est toujours intéressant. Mais ça va jusqu'à date.

Mais nos partenaires, parce que, comme vous dites, en tout, d'un fois, on vit des chicanes, puis des fois, on dégrame. Ça, c'est la violence conjugiale. Oui. Mais c'est un épisode de whatever. Mais je pense que ça peut être bon pour de le faire ensemble, aussi de le faire en couple, de voir, et c'est vrai que, des fois, quand je réagite de façon, ça peut être un...

Gardes-toi, c'est une immense sécurité de faire ce quiz-là avec ton conjoint. C'est déjà un bon détail. 100 % pour rien. Mais, parce que, comme je te dis, Liz, c'est que, des fois, ça va commencer comme ça. Ça va commencer avec des petits affaires. Là, je parle pas de ma relation. Je ne veux vraiment pas de ma relation. Ça va commencer de même. Puis, enfin, avant que ça devienne de prendre à action sur certains...

La personne, là, qui... Ce qui est gossant aussi, c'est qu'ils disent tout le temps et ça n'en rend pas compte. Tu sais, comme si... Je me dis que des questionnaires, ça va pas être... Parce que ça marche. Tu obtiens ce que tu veux. Alors que vous, est-ce que vous savez ce... Les gens de... C'est faux, ça, que ça n'en rend pas compte. Puis que... Moi, je crois pas que tu t'en rendes compte.

Je crois pas que tu t'en rendes pas compte. Ah oui, non. Parce que tu vas aller dans la question de la légitimité. Parce que ces hommes-là, par exemple, souvent, cette violence-là va être en compte de la conjointe. Les amis, il y a autant. Il arrive très bien à gérer les émotions. Son employeur, c'est quelqu'un au contrat qui est tellement bien vu, tout en train d'aider tout le monde.

Il les gère très bien ces émotions et ces comportements. C'est un moyen qui est légitime. Je me sens légitime d'exercer ce contrôle-là, cette violence-là, pour obtenir ce que je veux, parce que c'est ça, c'est une question de droit. C'est une question de droit. C'est une question de droit. C'est une question de droit. Et pourquoi ça se rend compte ? Pourquoi ça se rend compte forcément ?

Ça aussi, c'est une idée préconçue qu'on a de la victime. Je mets les guillemets, parce qu'on ne se représente pas forcément en tant que victime. Mais la personne, elle n'accepte pas ce qu'elle est en train de vivre tous les jours. Elle se défend, elle nomme, elle verbalise des fois-mêmes. Elle essaie de se défendre physiquement, en tout cas, elle a des réactions pour faire comprendre à son partenaire.

Je n'aime pas ce que tu es en train de me faire vivre. Je ne veux pas de cette relation de cette manière-là. Donc on ne peut pas appréhé dire, je ne m'en suis pas rendue compte, alors que tu accompagnes à chaque jour. Elle te le dit, elle te le nomme, elle te montre des exemples.

Il y a peut-être des personnes qui ne vont pas s'en rendre compte pour diverses raisons en violence conjugale, quand on parle de contrôle, sur de la durée, en tout cas. C'est que ça se rend compte. On est conscients, parce qu'on réadapte notre manière d'être comme le dit Roxane, quand je suis avec mes amis, quand je suis avec ma famille, moi, je ne suis jamais méchant, je ne suis jamais comme ça.

C'est que quand je suis avec elle. Donc, oui, malheureusement, du cas. Il y a comme... J'ai l'impression qu'on se fait une image, tu sais, que ça arrive juste aux autres femmes, qu'il faut être un certain type de femme, mais dans le même temps que ça fait du sang que vous travaillez dans ce centre-là. Est-ce qu'il y a un profil type de femme à qui ça arrive ?

C'est vous, c'est nous, c'est nos mères, c'est nos soeurs, c'est nos voisines, c'est tout le monde. Il n'y a aucun profil. Des policières, vous disiez tantôt, des gens qui revenant. Des avocats, il y en a eu une là sur les réseaux sociaux qui est connue aussi, qui a fait un dévoilement, en tout cas, qui a raconté son histoire. Elle est avocate au criminel, cette personne-là.

Donc, on pourrait croire, mais non, ce n'est pas possible. Elle est avocate. Elle sait ce qu'elle fait. Elle connaît ses droits. Est-ce qu'une personnalité qui a l'air d'être de caractère aussi ? Non, non, non, non. Et puis c'est pareil pour les mythes sur les personnes aînées, âgées, ne peuvent pas vivre la violence conjugale. On a des féminicides en 2025 où il y avait des femmes de 70 ans et plus.

C'est un des articles, justement, qui était écrit, « Mors suspès, c'est très générable, cher Bill ». Oui. Ben ça, on l'a médiatisé en disant, en essayant peut-être de faire comprendre, ben c'est peut-être un crime par compassion. Parce que quand on est aîné, arrivé à un certain âge, on a peut-être de la peine pour notre partenaire, donc on va aller peut-être mettre fin à ces jours pour plus qu'il souffre.

Mais oui, ça arrive dans certains cas, bien évidemment. L'écrit ça dans l'un d'entre nous. L'écrit ça dans cet article-là. Mais là, on s'est rendu compte que, non, c'était bel et bien un historique de violence conjugale. Mme voulait se séparer, mais dû à l'âge et dû à la situation, il vivait encore dans la même maison.

Il y a peu importe la couleur de peau, je le précise, peu importe le statut socio-économique, qu'on soit riche, qu'on soit pauvre, qu'on soit avocate, policière, versus ce quelqu'un qui ne travaille pas. Bien évidemment qu'on ne vit pas dans un monde tout rose comme ici. On vit dans des sociétés encore, dans certains endroits du monde patriarchal. Bien évidemment, donc ça, ça va venir accentuer.

On parlait tout à l'heure ensemble de religions. C'est un sujet aussi, des fois, tabou et délicat, qu'on ne se permet pas forcément de nous d'aborder. Mais ce qu'on veut dire par là, c'est qu'il va toujours y avoir des facteurs aggravant. Il va y avoir peut-être des textes de religion, il va y avoir peut-être des troupes de santé mentale, peut-être aussi de la toxicomanie, pardon, de la dépendance.

Mais toute ça ne fait pas l'auteur de violence conjugale. Non, ça va venir aggraver, ça va venir accentuer ces comportements. Mais il décide lui-même d'être skillé au quotidien. Donc non, il n'y a pas de profil type. Je dirais par contre, il y a certaines femmes qui vont vivre plus d'obstacles à s'en sortir.

Une femme qui vient d'arriver ici, qui ne connaît pas les ressources, qui n'a pas de famille, ou j'ai juste la famille de monsieur, par exemple. Mais c'est d'autant plus difficile de briser le cycle de violence à ce moment-là quand peut-être que je me méfie de la police aussi, parce que moi au pays, la police est corrompue.

Donc je ne sais pas moi, la police, ça m'aurait allé les commandes, donc je peux être méfiant d'appeler les services, je peux avoir des peurs aussi qu'on enlève mes enfants. Ça, c'est des craintes, des femmes qu'on accompagne quotidiennement qui font en sorte qu'elles vont peut-être prendre plus de temps avant de briser le cycle de violence versus quelqu'un qui est accompagné, soutenu, qui a un bon réseau familial.

Donc d'où l'importance de faire connaître nos services. Puis nous, on travaille, on a une belle équipe diversifiée qui parle plusieurs langues au sein de l'hébergement. Et on offre aussi des services interprètes, si on n'a pas la langue de la femme. Donc tout le monde peut accéder en nos services également. Il y a combien de femmes qui peuvent être dans le berce?

On avait 24 places dans la maison d'hébergement, donc d'urgence. Donc d'urgence, c'est qu'en fait, on offre un séjour de deux mois maximum. Donc deux mois, c'est court. On ne sort pas de la violence qu'on lui gagne en deux mois, mais c'est pour leur apporter la sécurité. Après, on a des unités transitoires, en tout cas d'hébergement.

On en a cinq où on va les garder un peu plus longtemps avec nous, si elles le souhaitent, mais surtout quand il y a des risques de féminicide. Justement quand on a des éléments à notre possession qui font qu'on n'est pas safe pour cette personne-là, si elles se retrouvent en dehors de l'hébergement, on va leur proposer de rester un peu plus longtemps.

Et on est ravis, mais ça, on l'a déjà annoncé, mais d'annoncer qu'on ouvre notre nouvelle maison d'hébergement en 2026, cette année en fait, avec une des plus... Ça va être une des plus grosses normalement de l'île, donc avec 14 unités transitoires. Parce qu'on s'est rendu compte aussi avec notre expertise, en tout cas du quotidien et nos chiffres.

Quelqu'un qui vient dans des maisons d'hébergement d'urgence, où c'est très court et puis il y a beaucoup de choses qui font que c'est difficile pour ces personnes-là de venir avec les enfants, on va avoir un risque plus élevé de retour au conjoint directement.

Alors que quand on propose des unités sur du plus long terme, on permet aux femmes de se poser, de prendre le temps, de comprendre ce qui se passe, d'accompagner le développement de l'enfant aussi, parce qu'on le rappelle, on a des bébés, on a des mamans qui accouchent à la maison d'hébergement, on a des adolescents et tout.

Donc là, d'avoir du plus long terme, avec une offre de service vraiment plus importante et adaptée, ça permet de les garder en fait, et puis ça permet à ce qu'après, elles reprennent leur envol comme elles le souhaitent. La première question qu'une femme dit quand elles sont, j'ai quitté son conjoint, c'est je vais aller où? Moi. Je vais aller où?

Puis si la seule réponse, c'est bien, oui, les accueils d'urgence sont sans-tent, c'est fondamental, c'est le quart de la ressource de la dos-finale, c'est notre accueil d'urgence. Sauf qu'il y a une date de fin, si on veut pouvoir desservir toutes les demandes actuellement à SOS, je crois que c'est, refuse une femme sur deux.

Donc il y a une femme sur deux qui veut quitter, qui n'est pas en mesure d'être relogée dans une maison d'hébergement. Et c'est là qu'on a d'autres services, on a dû être débrouillards un peu dans nos maisons pour mettre en place des filets de sécurité par les services externes qu'on pourrait en parler.

Mais c'est important de leur offrir une réponse que ces femmes-là, et surtout les femmes qui sont le plus en risque de vivre un féminicide, puis il y a vraiment des signes. C'est justement monsieur qui brise ses conditions, monsieur qui rode, va rôder autour de sa famille, de chez ses amis, de son lieu de travail, le harcèlement.

Donc il y a vraiment des facteurs de risque qu'on tient compte dans l'évaluation de ces risques-là pour choisir nos familles qui sont les plus... dont leur vie est le plus à risque, femmes et enfants. Est-ce qu'il y a de la sécurité, votre... Oui, les caméras et tout ça. Oui, il y a tout un système de sécurité. Il y a eu un décès, il y a plusieurs années. Il y a un homme qui a trouvé la maison d'hébergement.

Puis il faut comprendre, à Montréal, on est quand même chanceux parce qu'il y a une densité de population, etc. qui fait qu'on arrive quand même à être confidentiel. Bien dans les régions, il y a des enjeux. Tout le monde sait où la maison pour les femmes. Donc c'est arrivé il y a quelques années. Il y a un homme qui s'est présenté à la ressource et qui a assassiné son ex-conjoint.

Donc suite à ça, il y a du financement qui a été... qui a été débloqué, donc on a pu se prémunir de caméra. Puis il y a tout un système aussi, une organisation interne, au niveau de l'adresse et tout. Mais c'est certain qu'on est saturé. Ça, c'est ce qu'on nous pose en question tous les jours dans nos ateliers. C'est est-ce que vous avez de la place? On n'a jamais de place, jamais, jamais de place.

Et ce sont des faits, encore une fois, c'est pas du monde qui ment au téléphone, là, jamais personne n'a envie de venir en maison d'hébergement. On s'entend là, c'est que... Tu quits toute ta vie, tout ton quotidien pour aller dans une ressource avec du monde que tu ne connais pas, avec tes enfants, qu'on est obligés de déscholariser par soucis de sécurité. Donc c'est personne qui veut vivre ça.

Et malheureusement, elle nous appelle à chaque jour. On a énormément d'appel et énormément de fois, on doit leur dire, on est sincèrement désolé, on vous croit. On sait que vous vivez quelque chose de pas facile, mais pour l'instant, on n'a juste pas de place, en fait. C'est est-ce qu'il y a des philatains?

Non, n'en a pas, mais il y a certaines maisons, je pense qu'ils proposent des listes d'attente, mais même les autres maisons, elles sont saturées aussi. Donc des fois, elles vont essayer, elles vont réussir peut-être à trouver une place dans une maison qui offre pas les mêmes services, ou en tout cas, le mandat n'est pas forcément directement violences conjugales.

Ça peut être d'autres problématiques sociales ou autres, mais on n'a pas de place. Dans les moments, dans les cas où est-ce que... Il n'y a pas de place, maintenant, pour cette femme-là, qui vit ça, puis c'est vraiment intense. C'est quoi les alternatives, les solutions à cette femme-là? Il y a-tu du soutien parrain à distance? Qu'est-ce qu'elle peut avoir? On a le service externe.

La plupart des maisons d'hébergement offrent le service externe. Honnêtement, le service externe est destiné vraiment aux femmes qui ne voulaient pas venir en maison d'hébergement. Donc pour X raisons, je vis de la violence, ça ne me tente pas de venir en maison d'hébergement avec mes enfants. J'ai un réseau, je peux aller chez ma sœur, je peux.

Donc je peux trouver des solutions pour avoir un toit sur ma tête, mais j'ai besoin d'un accompagnement parce que... On n'est pas juste un toit à la doux finitelant. On est un toit, on est un accompagnement psychosocial, on est un service dyed. Sauf vous avez de la place. Mais en fait, par le biais du service externe. Le service externe, on ne va pas. Ok, encore.

On a une collègue qui a pris ce mandat parce que ça aussi, des services externes, même s'ils manquent beaucoup en nom. En nom ouvert, on a eu des enveloppes aussi que très récemment. En fait, c'est un nouveau service et on a une seule collègue qui est à ce poste-là. Elle est déjà saturée elle-même.

Donc on sent que là, c'est toutes les femmes qui ne veulent pas passer par l'hébergement, qui n'ont pas le souhait ou qui n'ont pas la possibilité. Et ça, ça s'entend. Ça veut pas dire qu'on est victime, qu'on doit aller dans une ressource d'hébergement. Par contre, elles ont absolument besoin d'être accompagnées sur tout l'aspect administratif, judiciaire, criminel. Elle est au poste de police.

Il y a beaucoup de femmes qui vont avoir un réseau familial. Je peux aller peut-être deux, trois nuits, je peux me poser quelques temps. Mais j'ai pas forcément envie que ce soit mes proches qui m'accompagnent dans ce parcours-là. Donc j'aimerais que ce soit une intervenante spécialisée. Donc où est-ce que c'est le biais de notre service externe ?

On a développé ces accompagnements spécialisés, vraiment les maisons d'hébergement. C'est notre mandat principal. Puis on les accompagne sur toutes les sphères de leur vie. Il faut comprendre, on arrive de travailler le matin, ce sont en pyjama, on prend notre café avec elle. On est là pendant la routine des enfants quand c'est la course pour aller à l'école.

Donc il y a aussi un lien de proximité qui est inégalé qu'on peut pas retrouver ailleurs. Puis une spécialisation, on t'aide d'accompagner ces femmes-là au rendez-vous pour la garde, pour les avocats, pour la séparation. Apporter les renseignements sur leur droit, on peut porter plainte. Est-ce que tu veux porter plainte ? Ce n'est pas une obligation, on te portait plainte pour venir chez nous.

Donc on leur offre toutes ces informations-là. Si il y a des soucis, des enjeux avec les enfants, on a des éducateurs spécialisés qui sont là. On s'entend là. Ça l'affecte énormément la relation mère-enfante, être victime de violence conjugale. Et ça, dès la grossesse, le fétus sans les hormones, du stress, le cortisol va circuler sur le bébé. On a les bébés qu'on a accompagnés.

Ça peut être des bébés qui peuvent présenter différents signes. Ils n'y parvigulent même tout petit, n'arrivent pas à s'endormir. C'est vrai. Contraire des bébés qui se réfugient dans le sommeil. Donc ça, il y a une panoplie de conséquences. Et nous, on est vraiment là pour les soutenir ces moments-là aussi. Donc vous voyez que les services sont assez diversifiés.

Et puis c'est amusique aussi, mettre des bergements, faire des sorties. C'est pas un désactivité. Moi, j'ai déjà amené une famille. C'était la première fois. C'était un petit bonhomme de trois ans. Puis je voyais qu'il marchait tout drôle dans le sable. Sa maman me dit qu'il y avait un parc en face de chez nous. Mais je pouvais pas y aller. Je devais rester dans la maison.

C'était la première fois que le petit bonhomme sentait la sensation du somme sous ses pieds. Mais il y a des premières fois à tout, à l'adofinale. Et puis je pense dans toutes les maisons de bergements. Là, il y a vraiment des femmes. L'emprise est-elle. Et puis ça, c'est vrai. Le monde n'y croit pas. Le monde a du mal à réaliser à quel point on peut être mis sous cette emprise et jusqu'à quel point.

Mais il y a énormément de femmes qui n'ont jamais rien fait pour la première fois. Elles le font quand elles arrivent en maison de bergements parce qu'elles ont la possibilité, le droit, l'espace et le temps pour le faire. Vraiment, les vacances, on essaie de proposer des activités, des candétés, des candivers, des plein de choses. Il y a du monde qui n'a jamais vécu cette sa vie et pas par souci forcément financier.

Parce que je n'en avais juste pas le droit, vraiment. Juste le sentiment de liberté. Moi, ça m'avait vraiment marqué cette femme qui était sortie de la maison de bergements. Puis quand qu'elle est revenu, elle m'avait dit, tu sais, Rangessandre, dès que je mettais un pied dehors, mon téléphone n'arrêtait pas de vibrer parce qu'il me textait, il m'appelait sans cesse.

Juste ce sentiment-là, en tant qu'humain, de dire, je sors dehors et j'ai ce sentiment-là de liberté totale. C'est quelque chose qui marque une vie, vraiment. C'est pas juste en toi. En conclusion, c'est vraiment plus que le toi. Comment que, mettant qu'une place est libre demain dans la maison de bergements, à part tout, j'ai dit, Ober, je sais plus, ça était capte au micro, mais maison de bergements.

Comment vous prenez la prochaine personne? C'est la prochaine personne qui appelle et c'est un hasard? Déculez. Il n'y a pas de sélection de comme... Il y a un petit questionnaire d'évaluation, honnêtement, c'est quoi? 15 minutes, on a juste une petite série de questions pour s'assurer, en fait, qu'on répond bien au besoin de la personne. Ce n'est pas du tout un entretien de qualification, quoi que ce soit.

C'est juste pour lui expliquer, voici comment fonctionne à l'adopinel. Voici qu'est-ce qu'on peut apporter. A-tu un projet? A-tu plein de choses que tu souhaiterais faire qui pourraient correspondre avec notre mandat à nous? Puis il faut juste que les deux aillent ensemble et la majorité du temps, ça fonctionne très bien. Et après, c'est ça, on ne choisit pas, on ne fait pas de sélection.

C'est juste si l'évaluation téléphonique, elle correspond... En tout cas, elle se passe bien et qu'on est vraiment assurés de lui offrir les services adéquats.

Elle s'en vient après à la maison, après, on ne lui laisse pas le temps malheureusement, parce qu'encore une fois, ce sont des femmes qui sont dans l'urgence qui nous appellent, donc on leur dit, « Il faut que tu te prépares vite, là, il n'y a pas le temps de faire les valises, tu prends tout, tu mets dans des sacs et puis tu t'en viens, on va te donner l'adresse, mais que après, au bout de plusieurs appels, on va échanger avec elle pour justement, encore une fois, assurer la confidentialité. » La géologue, elles assomment les appareils ensuite, les prisons, donc elles ont un protopréalisé.

Du roi, alors téléphone ou non? Oui, oui. Ils ont, les femmes, les enfants ont tout leur droit. Ça aussi, c'est beaucoup ce qu'on entend, mais elles ne peuvent pas sortir de la maison, elles ont... Bien sûr qu'il y a un code de vie, mais le code de vie est légitime et il est obligatoire pour qu'il y ait une bonne entente dans la maison et que voilà, elle peut... J'ai pas dans l'intérêt. Mais...

Et puis non, mais c'est ça, c'est... Puis on participe à ce code de vie, là, on en prend partie vraiment à part entière, on mange avec les familles, on fait aussi des tâches ménagères, on fait plein de choses ensemble, mais c'est juste pour le côté un petit peu structurel que ce soit bien organisé, sinon elles font ce qu'elles veulent, là, avec les enfants. Mais tout ça, téléphone, c'est juste pour s'assurer que...

Parce que on le sait, dès que la personne est partie à quitter, là, le téléphone sonne, on a des avis de la police, le monsieur est en alerte, là, il recherche madame et les enfants, donc on veut juste s'assurer que tout est désactivé, on fait le lien directement avec l'école, s'il y a école, parce que, bien évidemment, il y a souci de sécurité, donc on peut pas laisser retourner les enfants à l'école.

En tout cas, il y a plein de choses qui commencent à se mettre en place dès l'arrivée de la personne. Dès qu'une place de l'île, elle sera remplie dans la journée, généralement, dès qu'une femme tient. En fonction avec SOS, là, c'est vraiment un SOS violence conjugale qui a comme la disponibilité de tous les hébergements à travers le Québec.

L'une nous appelle, je pense, 3 fois par jour, toutes les maisons d'hébergement. Donc quand on a besoin d'un toit SOS, c'est vraiment la bonne ressource à appeler, parce que ça vous évite d'appeler toutes les ressources individuellement. Puis il y en a qui doivent le faire.

Tiens, moi, je me revois, à chaque fois que je prends le téléphone, on est un peu plus maintenant en extérieur, mais quand on est sur le plancher ou les collègues, là, qui sont sur le plancher, tu sais, c'est... Je suis désolée, tu sais, on n'a pas de place, mais prenez un papier incrayant, je vais vous donner d'autres maisons d'hébergement.

On a des listes aussi avec d'autres ressources qui sont des fois très, très loin de Montréal, mais c'est la seule solution pour qu'elle soit en sécurité. Donc... C'est pour ça que c'est important de continuer d'en parler et vraiment de se dire, c'est pas... C'est pas juste des chiffres qu'on voit à chaque matin quand on se réveille à la télé, là, c'est des vies entières, vraiment.

Le moment où les femmes sont prêtes à sortir, maintenant, ils en fait leur deux mois, puis il faut qu'ils partent, là, ils ont leurs enfants, ils ont leur sac. Est-ce que vous les avez aidés à se trouver un nouveau chez soi, peut-être une nouvelle job, comment qu'ils fassent en sorte que le gars ne la retrouve pas ou de lui?

C'est tout le développement de notre offre des services, c'est certain qu'on s'engage pas du tout au bout de deux mois à trouver un appartement pour la personne. On va par contre centrer notre accompagnement psychosocial sur la recherche de logement, ça, c'est sûr. C'est pour ça que le deux mois, il est court pour aborder tout le reste de la vie de la personne.

Mais on va le faire quand même, on va faire en sorte de le faire. On va faire... On va vraiment croiser les doigts, j'ai envie de dire, pour qu'elle puisse trouver rapidement. Si elle ne trouve pas, on va essayer de trouver d'autres alternatives, on va essayer de trouver d'autres ressources d'hébergement.

On va essayer de trouver, justement, ce qu'on appelle les maisons secondes étapes, donc elles qui proposent des unités transitoires sur le plus long terme, comme ce qu'on va ouvrir cette année. En tout cas, on la laisse pas, on la met pas à la rue, pas du tout, jamais. On a toujours quand même une solution.

On va faire très rapidement les demandes aussi dans les organismes à Chelem pour trouver un appartement à loyer maudit, qu'on va faire le nécessaire par public, par privé.

On a développé des expertises, je rigole parce qu'on a une collègue extraordinaire qui a développé tellement de stratégies pour conclure des intentes avec des propriétaires au privé qui acceptent maintenant de pouvoir signer des beaux avec les loyers subversions, le PSL, en fait, le programme de loyer vraiment modéré.

Donc ça aussi, ce n'est pas facile, il y a des propriétaires qu'on a besoin d'avoir un loyer d'argent mais qui ne comprennent pas la situation de dangerosité. Donc on essaie de user de toutes les stratégies. Puis quand elles ont finalement quitté, puis c'est ce qu'on leur souhaite vraiment de quitter aussi, on leur propose le post-hébergement.

Donc on a aussi une autre collègue qui va, elle, continuer de les accompagner, même quand elles soient installées chez elles, parce qu'on le sait des fois, quand elles entament des procédures judiciaires, ça peut prendre des années, on a des femmes qu'on continue d'accompagner dix ans après, pour plein de choses. Ce n'est pas de limite de service.

Ce n'est pas de limite de service comme le gouvernement, par exemple, dans les SEL et les SUS, où ils vont avoir vraiment un temps réduit, parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Non, on n'a pas de temps déterminé, on n'a pas de périmètre non plus. On prend tout le monde qui vient de partout et on accompagne partout. Donc c'est une offre de service qu'on essaie de développer. C'est ça.

Oui, et c'est important dans un contexte, c'est 70 % des féminicides, des homicides conjugaux se produisent dans le contexte de post-séparation. C'est le moment le plus dangereux pour une femme, c'est le moment de la séparation, mais aussi dans les mois, dans les années à venir. Donc là, par exemple, elles se retrouvent un nouveau conjoint lorsqu'il y a justement la séparation légale.

Donc le divorce qui est prononcé, ce sont des moments. Il y a eu un féminicide dans les Laurentides. Ce féminicide-là, c'est produit quand? C'est produit quand un monsieur a reçu le bici à domicile avec la requête de divorce. C'est là que son arme à feu qui a assassiné sa conjointe. Mais le couple était séparé depuis un petit bout.

Donc c'est pour ça que c'est important d'assurer un suivi en post-séparation après leur départ de l'hébergement. C'est que ce risque-là, homicidaire, va varier avec le temps. Donc nous, on s'assure de vraiment de les accompagner tout au long de ces étapes-là. Je veux savoir, vos histoires qui vous ont le plus...

Là, tu disais le petit garçon de trois ans, mais il y a un tout autre, une histoire qui vous a marquée, les deux, la votre travail, genre... Ouais. Moi, on avait déjà fait un podcast et j'en avais parlé de celle-ci parce que c'est très difficile aussi là. Je pense que c'est j'en veux... Bah bon, en fait, qui nous marque positivement l'incentre, aussi, il y a des rencontres avec des femmes.

Il y a des moments difficiles par le vécu, par le vécu, par les démonstrations, puis de si on s'en parlait toutes les deux tout à l'heure, comment, en tant qu'être humain, on peut accepter ou même entendre qu'il y ait autant d'atrocités de fête sur un autre être humain. Et particulièrement quand c'est la personne avec qui on vit au quotidien.

Moi, je sais que j'ai une maman, je pense que c'était dans mes débuts, j'étais encore stagiaire. Ça a dû être peut-être mon premier accompagnement que j'ai accueillie avec ses filles, avec ses trois filles. Si je dis pas de bêtises, ça remonte à plus dix ans. Elle avait été séquestrée, cette femme-là, chez elle, pendant des mois et des mois. Il y a personne qui était au courant qu'elle était séquestrée chez elle.

Monsieur autorisait simplement les filles à aller à l'école et il allait les chercher, les ramener. Le verrou était mis comme à chaque fois. Comment elle s'en est sorti, c'est qu'elle a passé des heures et des heures durant une journée à regarder dans l'œil-ton de sa porte. Et dès qu'elle a vu quelqu'un passer, elle s'est mise à hurler, hurler, taper dans le mur et dire, voici ce que je suis en train de vivre.

Appelez la police, s'il vous plaît, il faut me laisser sortir de la maison. Et par après, quand elle est arrivée, aujourd'hui, tout va bien, elle s'en sort et elle va très bien que ses filles. Mais elle avait, parce qu'on fait ce qu'on appelle une histoire de vie.

Pour comprendre un petit peu l'histoire de la personne et surtout pour lui proposer de bons services, il faut qu'on puisse comprendre jusqu'où elle a été impactée dans la relation. Et elle m'a juste fait part en fait de démonstration qu'il y faisait vivre au quotidien devant ses enfants qui étaient... Pour moi, c'était inconcevable qu'un être humain était en capacité de faire ça.

L'exemple concret, là, c'est comme fallait qu'elle mange et qu'elle boite dans une litière hache alors qu'ils n'avaient pas de chat. Puis tu sais, c'était comme fallait que... Elle était considérée plus bas que terre, plus bas que les enfants, plus bas que les animaux, plus bas que terre. Et il lui faisait vivre éventuellement beaucoup, beaucoup d'atrocités physiques.

Et ça, ça m'a marqué, ça, ça m'a marqué parce qu'en plus, c'était une femme québécoise ayant grandi ici, née ici, très intellecte. Je pense qu'elle avait fait des études de droit à l'époque. Et de me dire que Tiel était dans toutes ses possessions, toutes ses connaissances et de vivre quand même avec un homme qui lui a fait vivre ça. C'est gros, c'est gros et tu dis comment tu t'en remets de ça.

Mais en final, on le voit qu'elle s'en remet toute. Mais après, je pense que des histoires, on en a tellement. C'est à chaque jour, c'est à chaque jour qu'on entend quelque chose. Et c'est pour ça que c'est important aussi même nous de prendre soin de nous parce que ça nous affecte tellement. C'est pour ça que moi, ça m'en râge et ça me fâche quand je vois des choses dans les médias et qu'on minimise, on invalide.

Et puis je veux bien croire qu'on ne puisse pas le croire. Mais nous, c'est la réalité qu'on voit devant nous tous les jours. Et c'est vraiment ce que vivent les femmes. Il faut arrêter de douter de leurs paroles parce que c'est leur vécu au quotidien, malheureusement. Mais moi, c'est elle, on va écliquer. Mais je préfère rester sur les positives. On en a tellement.

On a des femmes qui sont maintenant, j'aime pas le mot ambassadrice parce qu'elles ne se représentent pas comme ça, mais qui vont parler elles-mêmes dans leur milieu de travail. Elles vont à l'école, elles changent de carrière parce qu'elles ont envie d'avoir une voie, une portée plus importante. On a une femme qu'on a accompagnée, qui a été au Parlement. C'est la femme.

Oui, au Parlement qui a fait partie aussi des lois, des nouvelles évolutions au niveau législatif et tout. Donc ça, c'est beau. C'est beau à voir et puis on en a tous, tout à chaque fois. Moi, je dirais mon histoire qui me l'a plus marqué. Il y en a tellement. C'est des rencontres humaines, c'est les enfants aussi, qu'on va déblopper. On s'en briserait carré, les enfants.

En fait, c'est beau parce que ces enfants nous disent, «Bien, t'sais, moi, quand la cloche a sonné, j'avais pas envie de retourner chez moi. Quand je viens ici, je suis bien. La cloche sonne, j'ai hâte de retourner ici qui est mon chez moi. Donc, il y a du beau.

Et pour ces enfants-là, c'est vraiment oui, malgré tout le contexte qui est difficile de partir de chez soi, de laisser derrière nos jouets, nos choses comme ça. Oui, c'est difficile. Mais ces enfants-là, au contraire, nous, on les voit, c'est panouir. Parce que là, on vient leur donner un espace où ils peuvent exister sans peur. Ça, c'est vraiment fondamental pour un enfant et pour les femmes également.

Mais moi, l'exemple, je dirais aujourd'hui, surtout en étant maman aujourd'hui, c'est cette femme-là que j'ai vue. À ce moment-là, j'étais stagiaire et elle a passé les ports de la maison au débergement dans un grand corridor. Elle a passé la maison au débergement et je l'ai vu passer les portes avec une botte parce que dans sa fuite, lors de la violence physique, elle a subi une attaque physique très violente.

Elle s'est brisée, elle a achevé. Donc, elle arrive avec sa grande botte. Elle arrive avec une coquille et un nouveau nez, un nouveau nez d'à peine trois semaines. Et après, c'est deux jambes, deux autres enfants. Donc, je pense, on a un petit coco d'à peu près deux ans et une autre petite fille de cinq ans environ.

Puis, il m'est arrivé des moments plus tard, on est tous des êtres humains, on vit des moments difficiles. Puis, moi, à chacun de ces moments-là, je me suis dit si cette femme-là a réussi à partir, à quitter cette relation-là. Il faut comprendre. Puis, vous êtes en relation également, c'est quelque chose de la séparation d'imaginer se séparer de tout laisser.

Mais si cette femme-là a réussi à trouver le courage avec sa cheffée en compote et son petit bébé dans sa coquille avec ses deux petits boutchous accrochés à elle, et aujourd'hui, cette femme-là va se remarier. Elle est en couple depuis plusieurs années, ça fait plus de dix ans qu'elle est arrivée chez nous.

Elle est l'une des ambassadrices qui aujourd'hui va faire des témoignages, va parler de la violence qu'on je garde, comme quoi ça touche tout le monde. Et elle vit une belle vie, ses enfants sont heureux. Ça redonnait ce poids. Tu as mis les ordres, les ordres. Mais ça redonnait ce poids, en fait. C'est vrai que ce n'est pas facile à entendre.

Et puis, pour ça, que ça nous fâche, je dis que ça nous fâche, mais c'est vraiment notre quotidien tous les jours. Mais c'est qu'on s'en sort de la violence, quand on jugeait, quand on a les personnes qui nous entourent autour de nous, qui comprennent, qui nous écoutent, qui nous entendent, quand on a un milieu de travail. Elle l'a dit, cette femme-là, on l'a aidée, on l'a accompagnée.

Il y a eu plein d'acteurs autour d'elle, mais même son milieu de travail a été sensible à sa cause. Son employeur a fait en sorte de réadapter son travail, a fait en sorte d'être proactif, empathique aussi, en lui disant comment je reste un employeur, mais comment je peux t'aider, comment je peux t'accompagner. Ça fait toute la différence. Là, vraiment, ce n'est que des moments positifs qu'on voit après.

Sur le moment, c'est négatif et c'est dur, mais c'est généralement très souvent que du positif qu'on sort, parce qu'elle reprenne droit pour voir sur leur vie, en fait, ce qu'elles avaient droit d'avoir et de faire tout depuis toujours. Donc... Mais ce qui, à la base, n'aurait pas dû être enlevé. C'est supposé. On est comme mais en même temps, ça ne veut même pas... Un jour.

Je pense que c'est un peu notre espoir à une des mois de... Tu sais, il y a tout un while, pourquoi on fait ce travail-là, puis pourquoi on fait ce qu'on accomplit à tous les jours. Moi, c'est ça, mon while. C'est de me dire, j'ai trois coco, puis j'aspire un jour deux filles, un garçon. J'aspire un jour qu'on va vraiment atteindre une égalité entre les hommes et les femmes.

Et pour moi, ça va passer par le fait que les femmes vont pouvoir mettre un terme à leur relation sans qu'on mette un terme à leur vie. Donc à partir de ce moment-là, pour moi, on va avoir gagné quelque chose au niveau de l'égalité entre les hommes et les femmes. Tant qu'on n'atteint pas à tout le moins ce facteur-là, pour moi, il n'y a pas encore. Non.

C'est pour ça qu'on se lève tous les matins chaque jour et on confère le travail-là. Merci tellement. Qu'on essaye. Merci tellement, Léchée. Ça... Merci à vous de nous laisser l'opportunité de pouvoir en parler, parce que vous faites réellement partie de la solution aussi. Là, tu sais, je ne le dis pas pour faire semblant. On vit maintenant avec plein d'évolutions, les médias, les podcasts.

C'est beau, c'est beau à voir. Mais je pense que... Et puis pour ça, qu'on vous remercie encore une fois, vraiment, d'utiliser votre plateforme pour faire passer ce message-là. C'est certain que ça va aller quelque part. Ça va forcément aider à un moment donné.

Et puis je pense, et j'espère en tout cas que pas pour nous, pas pour la lumière de l'organisme qui en a besoin quand même, c'est vrai, mais de rassurer la femme qui va l'écouter, qui va se dire, Berga. C'est des intervenants qui travaillent là-dedans tous les jours. Ce n'est pas des mensonges qu'on vous dit. Vous allez juste avoir ce qui se fait dans le mandat de violence conjugale.

Et puis non, en fait, oui, j'ai le droit, j'ai le droit de partir, j'ai le droit de m'en sortir. Et c'est le droit le plus légitime qu'on puisse avoir. Donc... Merci de partager ce message, de protéger nos femmes, les femmes. Oh, merci d'avoir accepté, de venir si nous en parler. Et puis, c'est ça, de tenir ce message-là. C'est de cause, là, c'est...

Oui, mais c'est souvent ça aussi, quand on dit qu'on termine, quand on débute nos ateliers, c'est qu'on fait tous partie du filet de sécurité des personnes victimes. On a tous... Oui, c'est notre rôle au niveau professionnel, mais dans nos vies respectives. Et ça ne nous en coûte rien d'offrir une écoute attentive. De passer un numéro, tu sais, je connais le numéro d'une ressource.

Puis de parler de ces ressources-là, de les mettre en lumière. Oui, c'est un toit, mais ce n'est pas juste un toit. Ça peut être le service extérente, ça peut être juste d'appeler. Puis de ventiler. C'est rare d'appeler un numéro de téléphone aujourd'hui, puis que quelqu'un nous répond. C'est très rare.

Quand on appelle SOS violence, quand on se gale, quand on appelle la ligne contactelle, qui est la ligne de l'adofiniel, mais il y a un être humain qui va répondre. OK, parfait. On va mettre toutes les ressources dans la description de la vidéo du podcast. Je me souviens, je suis amoureux comme...

Est-ce que vous pourriez rester avec nous un petit 15 minutes de plus, peut-être parler d'autres histoires que vous avez de... Combrer encore, là. T'as fait. Non, mais de belles histoires, de rédamsions, de... De rédamsions, c'est tout le bon monde. Oui, les belles histoires, je veux faire avec des belles histoires. Oui, oui, oui. À vous de se soulever. À vous de se soulever. C'est pas très honte de... Merci.

Bien sûr. Merci beaucoup. Merci à vous deux. Merci à vous deux. Merci à vous. C'est incroyable.